Le Château d’Arioka

Le Château d’Arioka

Le Château d’Arioka

De :
Kiyoshi Kurosawa 
2026
2h27

Dans le Japon féodal, le seigneur Murashige se retranche dans son château et y fait prisonnier son ennemi, le stratège Kanbei. Au fil des saisons, des crimes inexpliqués viennent troubler l’ordre des lieux…

« Le Château d’Arioka, nouveau film de Kiyoshi Kurosawa, est un film policier féodal en forme de huis clos philosophique. Un film de samouraïs, sans grandes batailles ni duels au katana, qui convainc, à condition d’accepter son tempo, telle une infusion en quatre mouvements. […] Dans le Japon de 1578, les historiens ne savent toujours pas pourquoi le seigneur Araki Murashige a trahi son maître Oda Nobunaga. C’est sur ce vide que Kiyoshi Kurosawa construit son film. Il ne le fait pas pour combler la lacune, mais pour en explorer les contours humains. Le Château d’Arioka n’est pas un film de guerre, ni même un film de sabre. C’est un film sur l’effritement silencieux de la loyauté et sur un seigneur retranché dans sa citadelle assiégée, qui passe l’essentiel de son temps à enquêter sur des meurtres dans ses propres couloirs, guidé par un prisonnier ennemi qu’il a, contre toute tradition, décidé d’épargner. […] la dimension la plus puissante du film, et la plus surprenante pour une première incursion dans le jidai-geki, est que Kurosawa ne célèbre pas le code du bushido : il l’autopsie. Murashige est un seigneur qui refuse de tuer, un chef de guerre hanté par l’idée que la beauté d’un service à thé lui survivra mieux que n’importe quelle victoire militaire. On pense à Tokyo Sonata, où un père de famille perdait son emploi et continuait, par pur réflexe d’autorité, à jouer le chef de foyer devant les siens, jusqu’à l’effondrement total. Murashige est ce même personnage kurosawien fondamental, où l’homme de pouvoir s’évide de l’intérieur et devient prisonnier de sa propre façade. »

Le Mag du ciné

  • Kiyoshi Kurosawa 

    « Né à Kobé en 1955, Kiyoshi Kurosawa suit des études de sociologie à l’Université de Rikkyô. Sa cinéphilie est autant constituée de son goût pour le cinéma moderne européen que de sa passion pour le cinéma américain des années soixante-dix, notamment les films de Richard Fleischer et Don Siegel, la série B d’horreur, le cinéma de genre nippon. Bouleversements formels de la modernité et art du chaos du cinéma de genre post-hollywoodien le fascinent. Il suit l’enseignement de Shigehiko Hasumi, grande figure de la cinéphile nipponne. Il devient l’assistant de cinéastes comme Shinji Somai ou Kazuhiko Hasegawa et réalise, à l’instar d’autres apprentis réalisateurs de sa génération, des films en 8 mm comme Vertigo College (1980), parodie distanciée et moderniste du cinéma de gangsters. Il réalise deux films érotiques, dont l’un pour la Nikkatsu qui n’appréciera pas le résultat et refusera de le commercialiser. Car Kiyoshi Kurosawa ne joue pas le jeu du genre. Kandagawa Wars (1983) et The Excitement of the DoReMiFa Girl (1985) sont deux objets non identifiés, même dans le genre plutôt ouvert à l’expérimentation qu’est le roman porno : adresses à la caméra, frontalité burlesque, à-plats néo-pop, références littéraires et cinématographiques exhibées. L’influence du cinéma de Godard y est évidente, presque écrasante. Après une traversée du désert, il revient au cinéma en 1988 avec Sweet Home, film d’horreur produit par Jûzô Itami, et commence à partir du début des années quatre-vingt dix à réaliser des films pour le marché de la vidéo ainsi que des séries pour la télévision. L’épouvante (notamment avec la série Hanako san) et le polar (la série Suit Yourself or Shoot Yourself) sont ses genres de prédilection. »

    Jean-François Rauger, La Cinémathèque française

Fiche du film

Réalisation
Kiyoshi Kurosawa 
Année
2026
Durée
2h27
Date de sortie française
Mercredi 27 janvier 2027
Scénario

Kiyoshi Kurosawa

Programmé au festival
2026
Interprètes

Masahiro Motokib (Araki Murashige), Masaki Suda (Kuroda Kanbei), Yuriko Yoshitaka ( Chiyoho)…

Image
Sasaki Yasuyuki
Montage
Takahashi Koichi
Production
Shochiku Film Studio, TBS Pictures
Coproduction
Junyuki Shimoba, Tsutomu Tsuchikawa
Distributeur
Art House
Musique
Yoshihiro Hanno
Costumes
Noriko Mashiba
Décors
Harada Tetsuo
Pays
Japon
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