Rosso Sangue. Le cinéma des années de plomb

Rencontre avec Jean-François Rauger
Le cinéma italien des années soixante-dix a capté comme nul autre les soubresauts d’une époque en ébullition. Héritier du néoréalisme qu’il réinvente, il devient le relais d’une effervescence politique et sociale qui, au cœur de l’Europe, incarne l’un des symboles les plus puissants d’une modernité brutale. Des grands auteurs aux productions commerciales les plus inventives et débridées, les films reflètent alors l’écho d’une actualité parfois violente. C’est dans les salles que l’on vient la voir défiler : tandis que les néofascistes tentent avec persévérance d’instaurer dans le sang un régime autoritaire, une partie de l’extrême gauche, convaincue que l’heure de l’insurrection approche, rejoue un remake de la révolution bolchevique. Tentatives de coups d’État, attentats aveugles, homicides et enlèvements « ciblés » ont défini ces années traversées par de profonds mouvements sociaux et de grands bouleversements culturels. C’est l’histoire de ce moment, surnommé les « années de plomb », que raconte Rosso sangue, à travers celui qui l’a documenté en direct : le cinéma.
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Jean-François Rauger
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IntervenantJean-François Rauger est directeur de la programmation de la Cinémathèque française et collaborateur du journal Le Monde. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont L’Œil domestique – Alfred Hitchcock et la télévision et de Rosso Sangue : Le Cinéma italien des années de Plomb.