L’industrie italienne depuis 1945 : le défi de la relance

Mussolini avait promis à l’Italie un élan de grandeur modernisatrice et de puissance agricole et industrielle. Or la défaite du fascisme, des sanctions imposées par les vainqueurs – avec la suppression de l’industrie militaire et aérienne – et l’affaissement de l’économie organisée de guerre sont un choc, sans parler de la perte du petit empire colonial. Il faut relancer l’économie grâce à une planification orientée vers des débouchés civils, la société de consommation, la compétition européenne. Les « puissances moyennes » doivent concevoir des trajectoires innovantes pour nourrir une croissance apte à susciter les emplois, les exportations et les revenus nécessaires, au sein de la société de consommation émergente et de l’européanisation des marchés.
Un équilibre se dessine alors entre la planification centralisée et l’esprit entrepreneurial. Quelles sont donc les spécificités de l’industrie italienne, entre l’appareil économique d’État, les dynasties familiales du secteur privé ? Quelles filières sont porteuses d’une croissance et d’une capacité d’innovation dynamiques ? Quelle image de marque porte le rayonnement du pays, entre « mode », luxe, automobile, chantiers navals, etc. ? Quels « grands « noms » s’affirment, entre des leaders de l’industrie lourde et des innovateurs-entrepreneurs des métiers qui font renouer l’Italie avec ses légendes de la Renaissance ?
Plus récemment, comment l’industrie italienne a-t-elle réussi à affûter sa compétitivité face à la France et à l’Allemagne dans « l’économie ouverte » de l’Europe puis de la mondialisation ? À quels matchs réussit-elle à participer avec force financière et innovatrice (aéronautique, luxe, mer, banque, etc.) ? Comment l’Italie de la République démocratique est-elle une « moyenne puissance » industrielle efficace au sein de l’Union européenne ?
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Hubert Bonin
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IntervenantHubert Bonin est ancien professeur à Sciences Po Bordeaux et chercheur associé à BSE-Bordeaux Sciences Économiques-Université de Bordeaux. Il est spécialiste d’histoire bancaire et financière, de l’histoire des entreprises et des organisations tertiaires, de l’esprit d’entreprise et du négoce et de la banque ultramarins – en reliant l’histoire française aux mouvements économiques et aux réseaux européens et internationaux. Son champ d’étude couvre la globalisation, de l’Histoire au temps actuel : géopolitique bancaire, internationalisation des banques, déploiement des banques et des sociétés françaises dans les anciennes concessions chinoises, financement de filières de l’économie du luxe, insertion de l’économie viticole girondine dans la mondialisation. Il applique également son corpus thématique à l’histoire de Bordeaux et du Sud-Ouest (banques, entreprises, Chambre de commerce et d’industrie, élites économiques, communauté du vin).