Au centre du film, une grand-mère sculptrice, Gisela Lamprecht, et ses silences. Un territoire : la Silésie, épicentre des deux guerres mondiales. La photo du mariage de Gisela en 1917 accompagne l’enquête de la réalisatrice sur sa famille, en Hongrie, en Allemagne, en Pologne et à Strasbourg. Une famille confrontée à la violence des guerres, à l’antisémitisme, et aux préjugés envers les femmes artistes et les malades mentaux.
« Je parcours ma lignée maternelle, mère, grand-mère, arrière-grand-mère et traverse l’Europe, le vingtième siècle, et ses tragédies. Je soulève les non-dits et je traque les traces. J’observe les transgressions, les conversions, les assignations. J’interroge les transmissions, volontaires et involontaires : la judéité, la honte, la culpabilité, la folie, la peur. Je cherche une langue maternelle que je pourrais partager avec les femmes qui m’ont précédée.
Une recherche personnelle m’a permis, en bravant des tabous familiaux, de me réapproprier la partie manquante de ma généalogie maternelle, en faisant ressurgir la figure de Gizella von Eicken, mon arrière-grand-mère cantatrice à Strasbourg dont l’existence a tout simplement été effacée de notre famille.
Il m’a fallu longtemps pour m’intéresser à ma lignée maternelle, et pour repérer un tabou qui a miné les relations de mère en fille, jusqu’à moi. Comme un limier, j’entreprends une recherche en Alsace, en Allemagne, en Pologne et en Hongrie, je traque les traces, les images et les documents. Des histoires d’amour, de conversions, de changements d’identité, de hontes et de secrets se révèlent au fil de l’enquête. Derrière ma grand-mère prussienne Gisela, figure de silence, apparaît Gizella-Idona, mon arrière-grand-mère effacée de la mémoire. Je découvre des femmes habitées par leur art, mon arrière-grand-mère cantatrice, ma grand-mère sculptrice, qui s’inventent et se réinventent dans une Mitteleuropa en guerre, régie par les lois du patriarcat et de l’idéologie prussienne. Dans un dispositif qui met en scène l’enquête, des liens se tissent entre l’art et la vie, entre le passé et le présent, entre l’intime et l’Histoire. » – Note de la réalisatrice
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Esther Hoffenberg
Esther Hoffenberg débute par la réalisation en 1980 en Belgique, crée la société Lapsus à Paris en 1989, et produit les films de grands documentaristes. Revenue à la réalisation en 2005 avec Les deux vies d’Eva, elle signe notamment plusieurs portraits de femmes aux destins singuliers.
Parmi ses réalisations :
2017 : Bernadette Lafont, et Dieu créa la femme libre
2013 : Violette Leduc, la chasse à l’amour – Sélection Panorama du Documentaire, Pessac 2013
2009 : Récits de Sam
2009 : Au pays du nucléaire
2007 : Discorama, signé Glaser
2005 : Les deux vies d’Eva
Fiche du film
Réalisation
Année
Durée
Scénario
Esther Hoffenberg – Collaboration à l’écriture : Cécile Vargaftig, Anne Weil – Documentalistes : Monika Preischl, Barbara Schölnberger, Emmanuelle Koenig – Consultants historiques : Thomas Serrier, Ambrus Gönczi
Programmé au festival
2026Interprètes
Avec la voix d’Esther Hoffenberg
Image
Montage
Couleurs
Production
Coproduction
Musique
Son
Format
Pays
Avec le soutien de
Europe Créative Media, Fondation pour la mémoire de la Shoah, Fondation Rotschild – Avec la participation du réseau des Distributeurs du Grand-Est, de Canal 32, Moselle TV, Vosges télévision, Centre National du Cinéma et de l’Image animée, de la PROCIREP – Société des Producteurs, de l’ANGOA

