Grâce aux témoignages d’anciens détenus, de bourreaux, de juges militaires, le film dévoile comment la bureaucratie obsessionnelle du régime mise au service de la machine de mort du clan des Assad s’est directement inspirée des totalitarismes du XXe siècle. Symbole de cette répression, la prison de Saydnaya fut de 1987 à 2024, « l’abattoir humain » du régime sur lequel plane l’ombre du nazi Aloïs Brunner, et un laboratoire du jihad…
Pendant des décennies, la prison syrienne de Saydnaya a terrorisé tout un peuple. Avant sa libération en décembre 2024, à la chute du régime de Bachar al-Assad, il suffisait de prononcer le nom du pénitencier, dont il n’existait pas de photo connue, pour inspirer l’effroi.
À travers le récit croisé d’Omar Al-Shoghri, âgé de quinze ans quand éclate la Révolution syrienne en 2011 et incarcéré pendant 4 années pour avoir participé aux manifestations pacifiques, et celui de Diab Serriye, combattant tenace pour faire la lumière sur cette machine de terreur depuis sa libération de Saydnaya en 2011, le film nous plonge dans la période la plus macabre de la prison. Déshumanisation, torture, viols, exécutions de masse. Comment et pourquoi ce pénitencier est-il devenu un « abattoir humain » ? Le récit nous ramène jusqu’à 1955, avec l’arrivée à Damas d’un ancien SS, recruté pour mettre sur pied les services de renseignement syriens. Aloïs Brunner, bras droit d’Adolf Eichmann, architecte de la solution finale, formera les compagnons d’armes d’Hafez al-Assad, pendant son ascension, et des années après sa prise de pouvoir en 1971. 30 ans plus tard, au moment de la Révolution, la dictature ébranlée va faire de Saydnaya l’un de ses principaux instruments pour éteindre la contestation.
En 2003, l’invasion américaine de l’Irak en 2003 met le jeune président Bachar al-Assad dans une situation délicate. Craignant de voir son régime renversé par Washington, le nouveau maître de Damas transforme Saydnaya en véritable laboratoire du jihad. Les prisonniers incarcérés dans le pénitencier seront enrôlés, entraînés et envoyés par les services syriens en Irak pour compliquer la tâche aux Américains et les dissuader de s’en prendre à la Syrie voisine.
Quand éclate la Révolution syrienne en 2011, le régime a recours aux mêmes méthodes pour discréditer le mouvement pacifique. Parallèlement à l’emprisonnement et à la torture massive de manifestants désarmés qu’il qualifie de terroristes, le pouvoir relâche des centaines d’islamistes enfermés à Saydnaya, persuadé que la jihadisation de la révolte la mènera à l’échec. Mais les islamistes relaxés finissent par contrôler deux tiers du territoire syrien et participent à y implanter l’organisation État islamique. Sauvé in extremis par ses alliés russes et iraniens, le régime d’Assad intensifiera la répression de sa population, enfermant à Saydnaya des dizaines de milliers de Syriens, torturés à mort ou pendus lors d’exécutions extrajudiciaires…
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Sofia Amara
Réalisatrice et grand reporter spécialiste du Proche-Orient, Sofia Amara est l’auteure de nombreux reportages et documentaires. Basée au Liban pendant 24 ans, elle a couvert les conflits de la région et produit de nombreux magazines pour les médias français (Arte, France 2, LCI, France 24, Canal+). Après l’obtention d’un BA en Sciences politiques de l’Université de Jordanie et du diplôme de Sciences Po – Paris, elle a également été journaliste trilingue à RMC-MO, pendant 9 ans. Auteure de Infiltrée dans l’enfer syrien et de Baghdadi, calife de la terreur (Stock), elle collabore à Ouest France et au Monde.
Parmi ses réalisations documentaires :
2025 : Syrie, à l’épreuve du pouvoir
2024 : Hamas, la fabrique d’un monstre
2023 : Hezbollah, l’enquête interdite (avec Jérôme)
2017 : Les enfants perdus du califat
2014 : Le Renégat
2011 : Syrie, dans l’enfer de la répression
Fiche du film
Réalisation
Année
Durée
Scénario
Sofia Amara – Documentaliste : Debbie Ford-Gribaudi
Programmé au festival
2026Interprètes
Avec la voix de Nawel Ben Kraim
Image
Montage
Couleurs
Production
Musique
Format
Pays
Avec le soutien de
la PROCIREP – Société des producteurs et de l’ANGOA – Avec la participation de France Télévisions, du Centre National du Cinéma et de l’Image animée

