L’Empire des sens, une histoire d’amour et de mort au Japon
Cannes 1976. L’Empire des sens scandalise le monde. Censuré au Japon, le chef d’œuvre de Nagisa Oshima, inspiré d’une histoire réelle, repousse les limites de la représentation du sexe au cinéma. À partir d’archives inédites et de textes jamais traduits du réalisateur, ce documentaire recompose la naissance et les échos d’une œuvre toujours brûlante.
Œuvre radicale, à la croisée de l’érotisme, de la provocation politique et de l’avant-garde cinématographique, L’Empire des sens s’impose comme le film japonais le plus vu en Occident. Tourné dans le plus grand secret, à Kyoto, monté à Paris, le film choque, divise, fascine. Pour la première fois, un cinéaste d’auteur réalise un film X, dans un moment où la loi s’assouplit en Europe. En France, il est célébré comme un chef-d’œuvre de l’érotisme ; au Japon, il est jugé obscène et frappé d’interdits. Oshima provoque la censure japonaise, impose un regard neuf sur la représentation des corps et du désir, ouvre un débat sur la liberté de création. L’Empire des sens s’inspire d’un fait divers de 1936 : l’histoire d’Abe Sada qui tue son amant par amour fou et repousse les limites de la passion amoureuse. Son procès a fasciné le Japon. Oshima voit en Abe Sada une figure politique, d’émancipation, de révolution. Il s’empare de la question esthétique du désir, de la fusion des corps et composent ses plans comme des tableaux. Le cinéaste est nourri d’un art pictural où les corps étaient libres, érotisés, sans contrainte, ni morale évoquant ainsi le sacré de l’union amoureuse. Aujourd’hui, à travers la découverte des notes de Nagisa Oshima, et de textes souvent non traduits, le cinéaste donne voix au documentaire. Tour à tour intime, politique, visionnaire, il révèle ses doutes et la rage poétique qui ont permis à L’Empire des sens d’exister. La ferveur de son engagement résonne aujourd’hui avec l’urgence de préserver la liberté de création au cinéma et dans tous les autres arts.
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Claire Laborey
Claire Laborey travaille entre Paris et Berlin. Des études de littérature comparée et de sciences politiques esquissent les débuts d’une vie pendulaire entre ces deux villes. Après une formation en réalisation documentaire au Québec puis des débuts à la rédaction de France 2 à Berlin, elle travaille essentiellement pour Arte.
En 2020, elle réalise, pour la collection « Les grands romans du scandale », Toni Morrison et les fantômes de l’Amérique, portrait de Toni Morrison à partir de la réception de Beloved, l’un de ses romans phares qui questionne encore les Etats-Unis à l’heure du mouvement Black lives matter. En 2021, dans la collection Avant/ Après, elle signe Moi, Christiane F, 13 ans…Une génération perdue qui interroge ce livre phare qui a marqué des générations d’ados européens.
Elle a également tourné plusieurs fois son regard vers le Japon. D’abord avec Naoshima, dream on the tongue, qui raconte la vie quotidienne des habitants de cette petite île japonaise, transformée brutalement par la construction de grands musées d’art contemporain. Et plus récemment avec Haruki Murakami – De Underground à 1Q84 – L’attentat de la secte Aum, (2024) pour la collection Faits divers / faits réels d’Arte. Elle a signé également plusieurs portraits pour Arte : Kate Bush, la sorcière du son (2019) – sélectionné à Musical Écran, Bordeaux 2022, Chrissie Hynde la vie en rock (2022) et Catherine Deneuve, à son image (2023).
Fiche du film
Réalisation
Année
Durée
Scénario
Claire Laborey – Conseiller artistique : Mathieu Capel – Documentaliste : Alexandre Rabinel
Programmé au festival
2026Interprètes
Avec les voix de Mathieu Amalric, Françoise Gillard, de la Comédie-Française, Marie Constant
Image
Montage
Couleurs
Production
Coproduction
Musique
Format
Pays
Avec le soutien de
la PROCIREP – Société des Producteurs et de l’ANGOA – Avec la participation du Centre National du Cinéma et de l’Image animée

