Après avoir survécu – alors lycéenne – à la détention arbitraire et à la torture dans le Maroc des années 1970, Fatna El Bouih poursuit aujourd’hui son rêve de changement par un engagement sans relâche. Un voyage sensible entre passé et présent, le combat quotidien et permanent d’une femme en quête de justice, de mémoire et de transmission.
Aux Archives nationales du Royaume du Maroc, des milliers de dossiers de victimes des violences politiques des “années de plomb” attendent leur inventaire. Parmi eux, celui de Fatna El Bouih, lycéenne de 21 ans soumise à la disparition forcée et la torture dans les années 70. Après des années de reconstruction et de silence, Fatna, aujourd’hui âgée de 67 ans, poursuit son combat et son « rêve de changement » autrement. Malgré un contexte toujours difficile, elle intervient dans les prisons, milite pour l’égalité et partage son histoire avec des femmes syriennes survivantes de la prison de Saidnaya. En la suivant dans les rues animées de Casablanca, nous découvrons l’intensité de son engagement quotidien, notamment à travers l’un de ses projets audacieux : l’organisation d’un festival du film à la prison d’Oukacha, le plus grand centre de détention pour mineurs du pays. Les images de Casablanca aujourd’hui se mêlent à celles des années 1970, fusionnant passé et présent. La voix intérieure de Fatna raconte son histoire, depuis sa naissance à l’aube de l’indépendance du Maroc jusqu’à son engagement dans la gauche révolutionnaire dans les années 1970. Fatna, une femme nommée Rachid est une traversée sensorielle et intime, abolissant la frontière entre mémoire et présent, et dressant le portrait d’une pionnière de l’engagement féminin, portée par un combat aussi collectif qu’intime pour exister dans un pays qui reste une prison à ciel ouvert.
-
Hélène Harder
Hélène Harder se tourne vers le cinéma pour se reconstruire après un grave accident survenu alors qu’elle est étudiante en philosophie à l’École normale supérieure (Paris). Elle se forme ensuite à l’université de Berkeley, puis travaille à New York et à Paris avant de réaliser son premier documentaire, Ladies’ Turn (2012), tourné avec des joueuses de football au Sénégal. Inspirée par ses rencontres, Hélène Harder s’attache à transmettre l’histoire de femmes qui défient les normes de genre et œuvrent à transformer le monde et ses représentations.
Fatna, une femme nommée Rachid (2025) – développé en dialogue avec l’activiste politique et ex-détenue marocaine Fatna El Bouih – est son premier long métrage de cinéma.
Fiche du film
Réalisation
Année
Durée
Scénario
Hélène Harder – Voix off écrite par Fatna El Bouih et Hélène Harder
Programmé au festival
2026Interprètes
Avec Fatnah El Bouih – Avec les voix de Mouna Belghali et Fatna El Bouih
Image
Montage
Couleurs
Production
Coproduction
Musique
Son
Format
Pays
Avec le soutien de
Eurimages, Centre National du Cinéma et de l’Image animée, Centre du Cinéma et de l’Audioisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Région Île-de-France, FEMDH, Institut Français de Maroc, SABAM For Culture Belgium, PROCIREP – Société des Producteurs et de l’ANGOA

