François Aymé

François Aymé

Délégué général du festival
Julia Pereira

Julia Pereira

Déléguée générale adjointe

L’Italie ! Aux origines de la Renaissance… et du fascisme. De Léonard de Vinci à Mussolini. Entre beauté et brutalité. Un véritable laboratoire de la vie artistique et politique à l’échelle de l’Europe. Un pays jeté à corps perdu dans la folie destructrice nazie de la Seconde guerre mondiale mais qui en 1943 rejoindra les Alliés et retrouvera après-guerre le goût de la république. Une République malmenée par la violence de la Mafia comme par celle des années de plomb. Et une société, marquée par la religion catholique et le patriarcat, qui saura se développer économiquement, notamment par son industrie, et s’émanciper. Hier, terre d’émigration massive vers la France ou l’Amérique, aujourd’hui terre d’immigration sans cesse en question. Hier, une classe politique à la recherche d’un compromis historique entre un puissant parti communiste et la démocratie chrétienne ; aujourd’hui, une droite radicale nationaliste et populiste au pouvoir, héritière de Berlusconi avec certaines thématiques et pratiques inspirées de Mussolini.

On le voit, le thème de l’Italie, tel qu’il est décliné dans l’édition 2026 du Festival du film d’histoire de Pessac est opportunément à la croisée des programmes scolaires et de questions d’actualité. Mais l’autre atout majeur de ces thématiques pédagogiques est qu’elles sont principalement servies par le cinéma italien. Et quel cinéma ! Du néo-réalisme à la comédie italienne en passant par un vigoureux cinéma politique, le cinéma transalpin a été, en particulier pendant les Trente Glorieuses, l’un des plus créatifs au monde tout en gardant une large dimension populaire. Ainsi les élèves seront-ils très probablement bouleversés par la découverte de plusieurs chefs-d’œuvre emblématiques : Cinema Paradiso, La Vie est belle et Le Voleur de Bicyclette. Nous ne doutons pas qu’ils seront touchés par des œuvres fortes où les questions de tolérance, de vivre-ensemble et d’émancipation sont centrales comme dans Une journée particulière d’Ettore Scola, Il reste encore demain (sur le patriarcat et le vote des femmes, par Paola Cortellesi), Le Chemin de l’espérance (sur l’émigration vers la France) ou le documentaire Un Village de Calabre de Shu Aiello et Catherine Catella, qui revient sur une expérience humaniste d’accueil de réfugiés. 

Et puis, les lycéens pourront également se confronter à des œuvres historiques et politiques contemporaines magistralement réalisées entre Le Traître par Marco Bellochio (le juge Falcone et le repenti Buscetta dans le maxi-procès anti-Mafia), Buongiorno, Notte (du même Bellochio) et Piazza Fontana (de Marco Tullio Giordana), deux œuvres complémentaires sur les tragiques années de plomb, avec en contrepoint le portrait du leader communiste Berlinguer (Berlinguer, la grande ambition de Andrea Segre) pour mieux comprendre les tensions Est-Ouest avec l’Italie au milieu. On peut à l’avance se réjouir pour les professeurs d’histoire et d’italien. Mais pas seulement. Il y en aura aussi pour les enseignants du primaire (avec La Fameuse invasion des Ours en Sicile ou Léo, la fabuleuse histoire de Léonard de Vinci), les professeurs d’arts plastiques (Les Maîtres de Rome, Michel-Ange, Raphaël et Léonard de Vinci) ou d’anglais (avec l’incontournable adaptation du Nom de la Rose par Jean-Jacques Annaud). 

Parmi les nouveautés de cette édition : L’Histoire à l’écran, un parcours d’analyse consacré à la représentation de l’Histoire au cinéma et dans les œuvres audiovisuelles. Conçu avec la DAAC du rectorat de Bordeaux, ce dispositif destiné aux classes de Première et Terminale HLP / HGGSP articulera projections, masterclass et ateliers afin d’amener les élèves à interroger les récits et les images qui façonnent notre compréhension du monde contemporain. Et pour la seconde fois, le festival accueillera également un atelier proposé par ARTE Education, Le Dessous des images animé par Emmanuelle Walter, ancienne rédactrice en chef de l’émission. Une proposition particulièrement précieuse à l’heure de la surabondance des contenus audiovisuels. 

Pour le reste, c’est comme chaque année : des ciné-dossiers, des séances avec rencontres à Pessac et dans les cinémas de Nouvelle-Aquitaine. Tout cela mené par un collectif pédagogique passionné en partenariat avec le Rectorat de Bordeaux. Il ne vous reste plus qu’à vous inscrire !

François Aymé et Julia Pereira

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